Les femmes dans la sécurité privée : un avenir à consolider.
Avec une pénurie de personnel qualifié dans la sécurité privée, la valorisation des femmes apparaît comme une solution prometteuse. Pourtant, leur présence reste marginale : en France, elles représentaient environ 20 % des effectifs en 2023, selon la Fédération des Métiers de la Sécurité (FMS)
Un secteur encore masculin mais en évolution
Alors que les métiers de la sécurité étaient historiquement dominés par les hommes, la proportion de femmes progresse lentement. En 2024, le Royaume-Uni comptait seulement 11 % de femmes parmi les titulaires de licences de sécurité, bien que ce chiffre soit en hausse ces dernières années The Guardian.
Ce tournant s'accompagne d’un changement culturel : l’industrie mise désormais sur des compétences interpersonnelles (empathie, gestion de conflit, attention aux vulnérabilités), domaines où les femmes se distinguent selon les professionnels du secteur The Guardian.
Le rôle féminin dans l’évènementiel : Paris 2024
Lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, le recours massif aux agents privés a mis en lumière une proportion remarquable et inhabituelle : 33 % d’agents femmes — soit environ trois fois plus que la moyenne observée dans le secteur en temps normal.
Celles-ci ont été particulièrement sollicitées pour des missions spécifiques telles que le contrôle des foules, les palpations de sécurité et les fouilles à l’entrée des sites, où leur présence s’est révélée indispensable pour des raisons à la fois pratiques, réglementaires et éthiques.
Encore du chemin à faire en Europe
Selon un rapport du Gender Equality Index de l’UE, la sous-représentation des femmes demeure marquée dans les professions de sécurité, tant au niveau opérationnel que décisionnel. En 2018, elles représentaient autour de 17 % dans les activités de ‘security and investigation’ et moins de 35 % chez Europol European Institute for Gender Equality.
Comparatif : présence féminine dans la sécurité privée européenne
Une réforme possible et certainement nécessaire mais encadrée
L’intégration des femmes est à la fois une réponse à la crise des recrutements et une amélioration de l’efficacité opérationnelle : présence rassurante, gestion humaine des conflits, détection de vulnérabilités… Autant d’atouts à reconnaître et valoriser.
Pour que cette dynamique perdure, plusieurs leviers sont essentiels :
Des politiques RH et de formation sensibles au genre, avec égalité d’accès aux postes, y compris armés ou techniques.
L’adoption de pratiques inclusives : lutte contre le harcèlement, flexibilité des horaires, langues sensibles au genre, etc.
Des quotas ciblés dans les contrats publics ou les plans de recrutement, pour accélérer la mixité.
Ainsi, les femmes représentent un gisement de compétences sous-exploité dans la sécurité privée. Pour passer d’une présence marginale à une contribution systématique, une stratégie volontariste et des filières de formation adaptées sont nécessaires. Cela renforcera à la fois la performance et la diversité de ce secteur en pleine mutation.